Chili, 1992. Le pays reste marqué par des années de dictature. Alors qu’elle est gardée par ses grands-parents dans leur hôtel en station de ski, Inès, 9 ans, se lie d’amitié avec Hanna, une jeune sportive venue d’Allemagne. Lorsque celle-ci disparaît sans laisser de trace, l’enfant cherche à comprendre.
Puisant dans ses souvenirs, Manuela Martelli, dont nous avions déjà aimé Chili 1976, interroge ici la mémoire chilienne. L’histoire n’est jamais saturée en informations, nous devons, pour notre plus grand plaisir, faire notre propre chemin. À travers les détails des comportements quotidiens des personnages, remarquablement interprétés, le film rend compte des bouleversements historiques des années 1990 (accès à la démocratie au Chili, effondrement du bloc socialiste…). L’Histoire et le politique sont au coeur de l’intime. Parmi les individus, de toutes générations, gravitant autour de l’hôtel où est situé le film, les uns cherchent à comprendre et les autres à enfouir pour pouvoir avancer. Que faire des disparus sous la dictature et de l’impunité des crimes ? La neige, omniprésente, renvoie à cette tension entre dissimulation et une révélation rendue inévitable par le dégel. Ce film précis et subtil, qui prend son temps, nous offre en outre des plans de toute beauté.