Lettonie soviétique, 1964. Ulya, une adolescente mesurant près de deux mètres, grandit dans une ferme isolée, au sein d’une famille aimante appartenant à la communauté minoritaire des Vieux croyants (orthodoxes traditionnels). Repérée en raison de sa taille hors norme, elle est envoyée à Riga pour intégrer une équipe renommée de basket-ball. Confrontée à sa différence, elle se trouve face à des questionnements sur son identité et sur les choix à faire pour son avenir.
Ce film raconte l’histoire vraie d’Ulya Semjonova, devenue une star de basket en Lettonie et un symbole patriotique. Il n’est pas un biopic, encore moins une « success story ». Le réalisateur choisit la poésie pour donner corps à ce qu’il projette, avec sa subjectivité, de l’histoire réelle de cette femme. C’est un acteur masculin qui l’incarne et c’est lui qui est à l’origine du désir de ce film. Peu bavard, ce dernier se concentre sur les corps, leurs façons de se mouvoir et d’habiter le cadre. Les noirs et blancs sont travaillés dans leurs textures et variations. Voyage dans une contrée et une époque, Ulya est un film personnel, étonnant par l’histoire qu’il raconte, splendide par la forme qu’il emploie.
Festival de Cannes – Un Certain Regard