En partenariat avec l’association ATRE
Lucy et Philip sont heureux, ils viennent d’emménager avec leur fils dans une maison de campagne près de Munich. Un matin, leur vie bascule lorsque la police se présente à leur domicile pour arrêter Philip et saisir ses ordinateurs. Bouleversée, Lucy cherche la vérité sur son mari. Qui est-il réellement ? Doit-elle l’éloigner de son fils ? Gentle Monster traite de pédocriminalité en s’attachant au point de vue de l’épouse et mère, Lucy, remarquablement interprétée par Léa Seydoux. Il évite tout pathos à travers ce personnage qui, tout en traversant diverses étapes psycho-émotionnelles intenses, reste pragmatique et en mouvement. Le film avance sans cesse. Il a le bon goût de ne jamais montrer les images que voient les enquêteurs. L’affaire dont il s’agit n’est pas sensationnelle, Philip ne fera pas la une des journaux, et c’est cela qui glace : la famille dont il est question nous ressemble, nous pourrions être Lucy. Et pourquoi pas Philip ? Le film, qui ne condamne pas, parvient à rendre compte de la complexité d’un sujet qui ne cesse de nous interpeller. Il préserve un mystère qui nous taraude jusqu’au dernier plan, admirablement inconclusif.
Festival de Cannes – Sélection Officielle, Compétition