En pleine canicule dans une banlieue pavillonnaire du sud de la France, Alex reproche une fois de plus à Kiki d’avoir merdé. Pourtant, Kiki crève d’envie de lui faire plaisir…
Mauvaise étoile traite de domination, de dépendance, de violence. Ce que parviennent à créer les co-réalisateurs pour ce premier long métrage est rare et très puissant. Après plusieurs courts métrages, toujours ensemble, ils ont une méthode de travail artisanale et intuitive bien à eux. Ils laissent le réel se déployer si fortement qu’il nous percute et nous submerge. Les personnages sont le fruit d’un gros travail de préparation avec les acteurs (qui sont tous des intimes et dont la plupart ne sont pas comédiens de métier), durant plusieurs mois avant le tournage. Pendant ce dernier, qui suit la chronologie de l’histoire, ils sont libres d’improviser. Les cinéastes réécrivent au fur et à mesure pour adapter le scénario à ce qui émane des prises jour après jour. Il en résulte une très grande densité du moment présent et une justesse stupéfiante. On peut penser à John Cassavetes ou à Abdellatif Kechiche. Les scènes durent et ne sont pas toujours faciles à recevoir, mais ce qu’elles nous permettent de ressentir des comportements liés à l’emprise est très précieux. Mauvaise étoile est une expérience humaine et cinématographique marquante.
Festival de Cannes – ACID
Ce film peut heurter certaines sensibilités